SIDRU, chronique d’une catastrophe annoncée.

Le président du SIDRU et maire de Saint Germain, Emmanuel Lamy est en mauvaise posture, sa gestion du syndicat qui traite les déchets de 15 communes dont Poissy, est un désastre.
Il a récemment rencontré les maires des autres communes du syndicat pour sonder leur confiance dans sa gestion. Il y a en effet quelques raisons de douter de ses capacités à bien diriger le SIDRU.

 

La dette se creuse
Il y a trois ans, Vivre Sa Ville était une des rares organisations à donner l’alerte et à dénoncer le risque de la gestion « active » de la dette du SIDRU par des contrats de swap passés avec les banques Depfa et Natixis.
A l’époque, on nous déclarait que ces emprunts ne représentaient aucun danger. L’actualité nous prouve le contraire :
– M. Lamy a entamé une négociation avec les deux banques pour limiter les pertes.
– Il a missionné de coûteux cabinets d’experts pour préparer d’éventuels contentieux.
– Il veut inscrire au budget 2011 une provision pour risque de 800 000 €. C’est beaucoup pour
une opération sans risque mais ce n’est pas assez pour provisionner les pertes latentes* générées par les formules « toxiques ».

Depuis 1999, le SIDRU a remboursé 9 millions € des 49 millions initialement empruntés, mais un trou de 50 millions s’est creusé entre temps. Pour la première fois le coût d’annulation est supérieur au capital restant dû.
La période de bonification prévue au contrat s’achève en 2011 pour le swap indexé sur le cours de l’euro contre le franc suisse. On peut tabler vu le cours actuel de cette monnaie sur un taux de remboursement supérieur à 20% en 2011.
C’est un des pires cas d’emprunts toxiques de France. Si rien n’est fait c’est 436 € par habitant qu’il va falloir rembourser.

On est frappé par la passivité et l’apathie des membres du comité. Les élus, à l’exclusion de deux représentants d’Europe Ecologie-Les Verts, restent sans réaction à l’annonce des pertes colossales en perspective.
La plupart des vice-présidents brillent par leur absence mais n’oublient pas de toucher leur indemnité.
La  Chambre Régionale  des Comptes  d’Île-de-France  s’intéresse à la gestion du SIDRU et vient de commencer l’examen et la vérification  des comptes du syndicat, son avis est très attendu. Cela va sans doute faire bouger les membres du comité, déjà le maire de Carrières-sous-Poissy vient de diffuser un communiqué où il s’alarme du risque des emprunts contractés par le SIDRU.

Nous ne faisons pas confiance en l’actuel président du SIDRU pour réparer ses erreurs de
gestion. Il ne s’agit pas de négocier avec les banques des taux de l’ordre de 10%, il faut, à
notre sens, revenir à une gestion de dette à taux fixe au prix du marché quitte à rembourser
les bonifications déjà perçues qui ne sont ni plus ni moins que des emprunts déguisés.

*Les pertes latentes sont calculées périodiquement sur le blog du PS de Saint-Germain
http://ps.saintgermain.over-blog.org/categorie-10223679.html

Coût de l’incinération en hausse
Dans le même temps le coût de l’incinération s’envole et dépasse les 100 € la tonne.  La hausse prévue en 2011 sera de 5% pour couvrir les frais financiers et ceux du traitement des ordures par Azalys, l’incinérateur du SIDRU. Le tarif élevé facturé par Novergie, le gestionnaire d’Azalys, est  toujours justifié par l’extrême sophistication du traitement des fumées de l’incinérateur. Cette explication ne tient pas  lorsque l’on compare Azalys à d’autres
incinérateurs. Auror’environnement par exemple, l’incinérateur de l’agglomération de Cergy,
pratique un prix à la tonne de 40% inférieur avec des performances environnementales comparables voire meilleures en ce qui concerne les rejets de dioxine et la valorisation énergétique.
Le coût d’incinération est dissuasif, ainsi  le SIVATRU, le syndicat de communes voisines,
hésite à faire traiter ses déchets par l’incinérateur du SIDRU.

Une politique qui s’oppose aux objectifs du Grenelle 2

Le président du SIDRU est englué dans le paradoxe de l’incinération : il faut beaucoup d’ordure pour rentabiliser l’incinérateur alors que la politique actuelle vise une réduction des
tonnages à incinérer. Comme l’avait annoncé Vivre Sa Ville en 1996, Azalys est surdimensionnée pour la taille du syndicat.  Novergie peine à trouver des ordures  pour compléter l’apport du syndicat qui est de l’ordre de 60% des 100 000 tonnes incinérées annuellement.
Dans son budget 2011, E. Lamy a fait le choix d’augmenter plus vite la cotisation par habitant
(10%) que le prix de l’incinération (5%).  Ceci est le contraire d’une politique d’incitation de réduction de nos déchets, c’est de fait une subvention à l’incinération qui va à l’encontre
des objectifs du Grenelle 2.

De toute évidence Monsieur Lamy n’a pas la volonté de mettre en place une politique de
réduction de la capacité d’Azalys afin de se mettre en cohérence avec les objectifs du Grenelle
2.  Il s’agit de faire diminuer de 15 % les quantités de déchets destinés à l’enfouissement ou à l’incinération et réduire la production d’ordures ménagères de 5 kg par habitant et par an pendant les cinq prochaines années.