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Le devoir de désobéissance

Du 5 juin au 3 juillet, Poissy a placé son festival « Quartiers libres » sous le thème des Résistances. De nombreux films, débats, expositions et autres événements ont permis de décliner la résistance dans différents domaines : contre l’oppression, à travers les luttes ouvrières, au cours de la seconde guerre mondiale, etc. En clôture de ces semaines très animées, un débat sur la résistance aujourd’hui évoquait la désobéissance civile.

Qu’est-ce que la désobéissance civile ?

C’est le refus de se soumettre à une loi jugée inique par ceux qui la contestent.
Elle a 6 caractéristiques :
·    Acte personnel et responsable : il faut connaître les risques encourus et ne pas se soustraire aux sanctions judiciaires
·    Acte désintéressé : on désobéit à une loi contraire à l’intérêt général, non par profit personnel.
·    Acte de résistance collective : on mobilise dans l’optique d’un projet collectif plus large.
·    Acte non violent : il s’agit de convertir à la fois l’opinion et l’adversaire, non de provoquer une répression ou une réponse armée. Toute attaque aux biens ne peut avoir qu’une dimension symbolique.
·    Acte transparent : on agit à visage découvert.

.   Acte ultime : on désobéit après avoir épuisé les recours du dialogue et les actions légales.

Ce mode d’action a été utilisé par exemple par Gandhi, Martin Luther King, Hannah Arendt, mais aussi les paysans du Larzac dans les années 68, les militants sans-papiers, Greenpeace, Act-up, RESF, les faucheurs d’OGM, dans la lutte pour le droit à l’avortement et les actions de régularisation de sans papier.

La désobéissance s’appuie sur le droit naturel. Il s’agit du droit non écrit, tacite, indépendant de toute législation, universel, au-delà et hors de l’histoire. Ce droit s’appuie sur ce qui semble à priori humain et s’impose hors de tout texte : respect de la dignité, assurer l’existence d’une personne, sa subsistance alimentaire, lui accorder la protection de son corps, de sa santé, de son identité, de sa subjectivité. Quand le droit positif  (ce qui résulte des lois écrites, qui est local, humain et daté) contredit le droit naturel, la désobéissance est légitimement envisageable.

Lors du forum débat, plusieurs intervenants ont donné des exemples de luttes locales ou nationales. S’informer et informer les autres est déjà une façon de résister. Devant la montée des inégalités sociales de plus en plus inacceptables, gageons que les occasions de résister et de poser des actes de désobéissance civile ne manqueront pas.

Collectif des désobéissants : http://www.desobeir.net