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La bible dite de saint Louis

Bible de Saint LouisLa ville de Poissy vient de lancer une souscription, en partenariat avec une association pisciacaise, afin d’acquérir un volumineux ouvrage, le fac-similé de la bible dite de saint Louis, pour la modique somme de 16 200 €. Rien que ça !
Quelques éléments d’appréciation
1/ Pourquoi la Ville n’achète-t-elle pas cet ouvrage pour notre musée ?
D’abord parce que ce n’est pas un original, une condition essentielle pour un musée.
Ensuite et surtout parce que, selon les historiens, rien ne certifie son authenticité par rapport à saint Louis. La page sensée en attester – la représentation de Blanche de Castille et de Louis IX – est sujette à caution, notamment sur le fait qu’aucun symbole de la maison de France ne figure sur l’enluminure.
2/ Pourquoi lancer une souscription ?
Il serait délicat d’utiliser autant d’argent public pour une simple copie. Avec une somme aussi importante, la médiathèque pourrait acheter des centaines de livres !
Il faudra veiller à ce que la Ville ne verse pas une subvention à l’association chargée de la collecte des dons pour boucler l’achat si besoin …
3/ L’éditeur Moleiro a-t-il réalisé le fac-similé spécialement pour la commémoration de la naissance de saint Louis comme cela est écrit sur le bulletin de souscription ?
Absolument pas ! Le Chapitre de l’église primatiale de Tolède, qui veille sur l’original, a souhaité faciliter le travail des chercheurs sans pour autant prendre le risque d’une altération de l’œuvre. Il a donc décidé d’en faire une copie, projet concrétisé par Moleiro en mars 2001.
4/ Pourquoi un prix si élevé ?
Parce qu’il s’agit d’une magnifique reproduction, très fidèle au manuscrit original, réalisée suivant les méthodes d’autrefois et utilisant des matières riches, parchemins, or, argent, etc.
Il est à noter toutefois qu’en 2013, quand le musée de Poissy s’y est intéressé, le prix public était de 14 000 € et l’éditeur consentait un tarif spécial à la ville de 12 000 €. Une forte inflation due à la commémoration ?
5/ Quel intérêt pour les Pisciacais ?
Aucun. L’ouvrage est tellement cher qu’il ne sera pas mis à disposition du public. Seuls quelques rares privilégiés pourront le consulter. S’il s’agit de l’exposer de façon permanente, il vaut mieux acheter des copies de quelques planches, sans risque de se ruiner tout en permettant d’apprécier la richesse des enluminures et les textes qui les accompagnent.
D’autres questions restent en suspens : qui sera propriétaire de l’ouvrage ? Où sera-t-il conservé ? Où sera-t-il exposé ? Qui pourra le consulter et dans quelles conditions ?
Aucune réponse à ce jour.
À vous de vous faire votre avis avant de faire un don pour cette souscription !