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Défendre encore et toujours la culture

Contre la suppression du poste de directeur de la culture

Le temps des vacances n’a pas donné lieu à une réflexion constructive sur la culture et le rôle qu’elle peut jouer dans une politique municipale.
Annoncée lors du dernier conseil municipal, nous espérions que la suppression du poste de directeur de la culture ne serait plus d’actualité. Hélas …
Le motif invoqué est pour le moins fallacieux : puisque les établissements culturels de la ville ont chacun à leur tête un responsable, un directeur de la culture qui superviserait l’ensemble n’est pas utile. A-t-on jamais entendu argument plus simpliste ? Le poste de directeur des sports va-t-il subir le même sort ? Le même motif peut en effet lui être appliqué.
Le rôle du directeur de la culture
Un directeur de la culture a pour mission première l’accompagnement de la politique culturelle de la ville, ainsi que la coordination des différents établissements ; il a également pour rôle d’impulser des actions relevant de son domaine et d’assurer une médiation entre les acteurs de la culture, professionnels et bénévoles, associatifs et institutionnels
L’action culturelle ne peut se réduire aux actions des établissements, aussi performants soient-ils.
Qui, sur le plan administratif, suivra désormais les opérations relatives au patrimoine, en particulier les dossiers UNESCO et Itinéraires culturels européens ? Qui suivra les activités régulières des associations, notamment celles qui sensibilisent, éduquent et forment aux disciplines artistiques ? Quel sort est réservé au recueil de la mémoire vive des habitants, patrimoine d’une extraordinaire richesse, important pour mieux comprendre le développement de notre cité et son histoire ? Qu’en sera-t-il désormais des actions menées en commun entre les médiathèques, le service des musées, le théâtre, le conservatoire ?
Poissy risque d’être la seule ville de France de cette importance à ne pas avoir de directeur de la culture !
Des mises en cause systématiques
Depuis le début de ce mandat, nous assistons à une triste mise en cause de la culture : suppression des petits concerts gratuits de juillet au théâtre de verdure, réduction des heures d’ouverture de la médiathèque cet été, suppression du salon d’art contemporain dont le succès pourtant ne cessait de grandir en fréquentation et en renommée depuis quatre ans.
La disparition du poste de directeur de la culture serait un nouveau très mauvais coup porté à la culture, tandis que le sport bénéficie de toutes les attentions.
Loin de nous l’idée d’opposer l’un à l’autre. Tous deux développent des valeurs de respect et de solidarité. Tous deux contribuent à la cohésion sociale. Sport et culture doivent trouver leur juste place dans la politique municipale et être assurés du même traitement dans leur opérationnalité et dans la communication qui les accompagne.
Mais la culture va plus loin en permettant un enrichissement personnel et collectif sans égal qu’il faut soutenir, accompagner, promouvoir.
Quelle volonté politique ?
Les fondements de la culture sont l’écoute, le dialogue, le partage. La culture englobe bien sûr les arts et les lettres, ainsi que les traditions et coutumes, mais aussi les droits fondamentaux des êtres humains.
Encourager et développer des activités culturelles, pour et avec les habitants, en lien étroit avec les associations et les maisons de quartier, c’est entreprendre un travail de fond, indépendant des établissements culturels, loin des actions événementielles, et c’est ainsi permettre à chacun d’accéder au savoir, apprendre de l’autre, d’acquérir un esprit critique, de se donner les meilleurs chances pour réussir sa vie.
Cette tâche, délicate et minutieuse, relève d’une volonté politique dont nous espérons qu’elle existe à Poissy, et, pour sa mise en œuvre, nécessite la présence d’un directeur de la culture.
Pour toutes ces raisons, avec nous, demandez au maire de ne pas supprimer le poste de directeur de la culture et d’accorder à ce domaine une plus grande prise en considération.