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Non à la disparition des associations

 Tel était le message lancé par le Collectif des associations citoyennes (CAC) lors d’un semaine de mobilisation à laquelle ont participé un millier d’associations en France pour une cinquantaine de manifestations.

L’antenne du CAC de Poissy (dont la coordination est assurée par Jeanne Pothier etYves Lenoble) a organisé un piquenique le dimanche 22 septembre au parc de la Charmille pour rappeler l’importance des associations dans notre société et pour dénoncer la baisse constante des subventions qui aboutit trop souvent à la disparition d’associations pourtant très utiles. Le Courrier des Yvelines a rendu compte dans son hebdomadaire de  notre mobilisation pisciacaise sous le titre : « Les associations en danger ? »

 Le témoignage des militants

La variété et les bienfaits des services rendus à la société par le secteur associatif sont évidents : création d’emplois, proximité sociale, action citoyenne qui contribue au maintien de la démocratie ou qui favorise la transition écologique.  Il existe plus de 190 000 associations en activité en Ile de France. Le secteur associatif compte dans notre région plus de 300 000 emplois, soit 6,7% de l’emploi privé. Les militants de Vivre Sa Ville, d’Attac, d’Eau Val de Seine, de la Ligue des Droits de l’Homme ont témoigné du rôle essentiel joué par les associations et se retrouvent sur la nécessité d’engager la lutte pour que restent en vie ces nombreuses associations créatrices  d’emplois, de lien social et de vie démocratique.

 La circulaire Fillon

Le CAC a été créé pour faire abroger la circulaire Fillon du 18 janvier 2010. Cette circulaire fragilise des centaines de milliers d’associations. En affirmant que « la majorité des activités exercées par les associations peuvent être considérées comme des activités économiques », la décision gouvernementale étend la réglementation européenne des aides aux entreprises à l’ensemble des subventions attribuées, quel que soit l’objet. Il faut savoir qu’en 2009, 69% des associations ont vu leurs subventions baisser, parce que l’état a réduit ses financements pour 56% des associations, et que les Conseils régionaux et généraux ont baissé respectivement leurs financements de 41% et de 39% (enquête publiée par la Conférence permanente des coordinations associatives (CPCA) le 16 janvier 2012).

 La baisse de subventions

Elle entraîne trop souvent des licenciements. Le CAC a pu démontrer que cette baisse constitue en réalité un très mauvais calcul. Prenons un salarié associatif, 1,2 fois le SMIC, avec un emploi non aidé, de plus de 3 ans d’ancienneté, de moins de 55 ans. Celui-ci reçoit 15 600€ de salaire  net annuel. Il verse, avec son employeur, 12 800€ de cotisations sociales  (soit 28 400€ de salaires et cotisations sociales). Si la subvention est de 50%, « l’économie » liée à sa suppression sera de 14 200€. Si ce salarié se retrouve au chômage, le coût pour l’assurance-chômage sera de 20 000€ (salaire brut) * 57,4% = 11 400€ par an pendant 2 ans. Au total, cette décision génère dès la 1ère année 12 800€ de moindres rentrées sociales et 11 400€ d’allocations-chômage supplémentaires, soit un total de 24 200€, pour une économie apparente de 14 200€, c’est-à-dire presque 2 fois « l’économie » apparente réalisée. De telles décisions ne peuvent que creuser encore plus le déficit public.

 Une mobilisation nationale

Le CAC a lancé au printemps dernier un appel à une mobilisation pour la reconnaissance du rôle des associations dans la société et le maintien des financements associatifs. Plus de mille associations ont répondu à cet appel, la pétition réunissant à l’heure actuelle plus de 7 000 signataires. Le CAC a organisé dans la foulée, une mobilisation nationale qui s’est déroulée entre le 14 et le 22 septembre 2013, sur plus de 50 territoires et que de nombreux journalistes ont relayée dans leurs medias. A noter plusieurs actions exemplaires. Grenoble a organisé pendant cinq jours les états généraux et généreux des associations. Plus de 100 associations de la Sarthe ont décidé de se rendre ensemble au Conseil général de leur département pour exiger le maintien de leurs subventions.

 Elargissement et structuration du réseau

Les associations qui sont l’un des creusets de la démocratie et de la participation citoyenne. jouent un rôle indispensable de renforcement de la cohésion sociale, de développement de l’emploi et de préservation des droits fondamentaux. Le CAC est plus que jamais décidé à poursuivre son action car on ne peut assister passivement à la disparition d’un nombre sans cesse croissant d’associations, alors que celles-ci contribuent fortement à notre vie  démocratique, sociale, civique et culturelle. Et en vue d’être à l’avenir  plus influent et plus reconnu, le CAC vient de décider, lors de la dernière réunion de son comité de coordination le 26 septembre 2013, de faire porter ses efforts en priorité sur l’élargissement et la structuration du réseau.