Le Pisciacais, numéro spécial « Le maintient de la prison en centre ville » – Tribune du 15 mai 2019

Nous ne participerons pas à la consultation numérique

SUITE À L’EFFONDREMENT DU MUR DE LA PRISON, Monsieur le Maire a opportunément décidé de lancer une consultation numérique sur le maintien de la prison en centre-ville.

Cette initiative intervient après deux tentatives infructueuses de sondages sur les réseaux sociaux (Facebook et Twitter) au sujet de cette même question : « Souhaitez-vous le maintien de la prison en centre-ville ? Oui / Non ».

Les Pisciacais n’avaient pas manqué de souligner le caractère fallacieux de cette “consultation” :

• Canaux de diffusion orientés (publication sur les comptes personnels du maire),

• Possibilité pour chacun de voter plusieurs fois,

MALGRÉ CE PREMIER ÉCHEC, le maire n’a pas renoncé et est déterminé aujourd’hui à poursuivre ce simulacre de démocratie participative sur ce sujet bien pratique. Bien pratique puisqu’il s’apprête à “consulter” une troisième fois les Pisciacais sur une question pour laquelle il n’est pas décisionnaire. Dommage qu’il ne prenne pas la peine de mettre en place cette méthode sur des sujets qui dépendraient effectivement de son spectre de compétences et sur lesquels les Pisciacais pourraient avoir un réel impact ! Il aurait pu, par exemple, employer cette méthode avant d’ériger une statue à la gloire d’un antisémite notoire à Poissy…

Cette “consultation” ne peut donc générer que des frustrations puisque le maire interroge les Pisciacais à propos d’un changement sur lequel il n’a aucun pouvoir.

L’éventuel déplacement de la prison est uniquement du ressort de l’État, qui a déjà fait connaître sa position : l’établissement sera rénové – un budget de 60 millions d’euros est annoncé – et demeurera en centre-ville. L’État a sans doute pris sa décision en tenant compte d’arguments sociaux, patrimoniaux, historiques qui sont totalement occultés par le maire de Poissy.

CETTE “CONSULTATION” EST EXCLUANTE puisque réservée à ceux qui maîtrisent les outils numériques mais qu’importe, sa seule utilité, bien que financée sur fonds publics, étant une nouvelle occasion pour le maire de Poissy, à un an des élections municipales, de tenter un coup d’éclat médiatique. Nous refusons d’être instrumentalisés, de participer à cette mascarade et nous invitons les Pisciacais à faire de même et à réclamer de vrais dispositifs de démocratie participative.

Il y aurait pourtant beaucoup à faire car la participation citoyenne est absente des préoccupations de l’équipe municipale en place, si ce n’est pour alimenter le populisme comme dans le cas présent (le peuple face à l’État) et lorsque le pouvoir de décision du maire n’est pas en danger.

Les dates des réunions de quartiers peu nombreuses sont dévoilées au dernier moment et dans une quasi-confidentialité. Leur organisation et animation sont totalement orchestrées par le maire et ses élus et ne laissent aucune place à l’adaptation aux demandes des Pisciacais. Les référents de quartier sont choisis par la majorité sans aucune participation des habitants du quartier. Un traitement différencié est effectué entre les associations qui soutiennent explicitement l’équipe municipale en place et les autres. Le CODES, comité consultatif lancé dès l’élection de 2014, a été immédiatement vidé de sa substance : les responsables des différentes commissions étant directement nommés par la municipalité, les sujets de réflexion imposés et les propositions non entérinées, les citoyens se sont découragés. Ne reste que quelques personnes proches du maire, mais plus aucune mission.

LE SIMULACRE DE CONSULTATION concernant la prison, loin de remédier au manque de démocratie de proximité et de participation citoyenne, met au contraire l’accent sur le retard de Poissy en ce domaine.