Enquête publique relative au projet du site Maurice Clerc

TerritoireContribution de Vivons Notre Ville transmise le 15 mars 2018

Vivons notre Ville, association citoyenne de Poissy, a pris connaissance du projet établi par la Ville de Poissy sur le site Maurice Clerc.

La Ville de Poissy a acquis les terrains appartenant initialement au constructeur automobile PSA, d’une superficie globale de 4,4 ha et comprenant un édifice important appelé le château.

Les Pisciacais sont attachés à ce site et sa valorisation par une opération d’urbanisation qui protège le bâtiment principal est une opération positive. Vivons notre Ville approuve donc le principe d’urbanisation de ce site.

Ceci étant posé, Vivons notre Ville tient à formuler diverses observations sur des points qui lui paraissent importants.

1/ Implantation d’une résidence pour personnes âgées non dépendantes

120 logements sont prévus dans cette résidence, ce qui est conséquent.

♦ Pour les porteurs du projet, « la résidence services sénior, dédiée aux seniors non dépendants, répondra à un véritable besoin et renforcera la mixité générationnelle au sein du futur quartier ».

Vivons notre Ville ne partage pas cette affirmation. Une véritable mixité générationnelle ne peut pas se concrétiser dans des bâtiments dédiés à telle ou telle catégorie de population (jeunes, aînés, femmes), mais dans une mixité au sein même de chaque immeuble.

« Cette forme d’habitat, qui vise à panacher les générations au sein d’un même ensemble construit, entend à la fois proposer aux plus âgés des logements adaptés à leur situation, tout en poursuivant l’objectif d’accroître la solidarité entre les uns et les autres. » (source Le Moniteur)

D’ailleurs, les nombreuses expériences conduites dans ce sens dans d’autres villes ont prouvé leur efficacité et ont renforcé le bien-être des habitants en rompant la solitude et l’ennui et en renforçant le sentiment de sécurité, notamment chez les personnes âgées.

♦ Par ailleurs, le site Maurice Clerc est très éloigné du centre-ville, de ses commerces et services, des lieux culturels (théâtre, médiathèque, musée), loin aussi de la gare.

Installer sur ce site des personnes âgées, c’est les tenir à l’écart de la vie urbaine, de toutes les animations qui s’y déroulent, à l’écart de la vie.

Vivons notre Ville est totalement opposée à la réalisation de cet équipement sur le site Mauricie Clerc pour les deux raisons majeures évoquées ci-dessus.

2/ La construction de logements (en sus de la résidence séniors)

L’offre de 450 logements, à laquelle s’ajoutent les 120 logements de la résidence personnes âgées, est présentée comme s’inscrivant dans « la réalisation de parcours résidentiels complets sur la commune. »

Si on note une diversification dans la typologie des bâtiments (pavillons, petits immeubles et immeubles allant jusqu’à R+5, rien n’est précisé sur les types de famille qui pourront y accéder. Quelle est la part de logements sociaux ? Y-aura-t-il des logements et/ou pavillons en accession sociale ? Est-ce que la programmation est une simple application de la réglementation en la matière ou bien un effort particulier sera-t-il réalisé en faveur du logement social afin de répondre aux besoins de la population ?

Vivons notre Ville demande que le quota de logements sociaux (location et accession sociale) soit égal à 25 % pour cette opération.

3/ La desserte du site

♦ Le site Maurice Clerc n’offre pas la facilité d’accès que les porteurs du projet mettent en avant. La rue de Migneaux est très étroite, bordée de hauts murs qui masquent la visibilité.

La gare est loin. Le rapport précise qu’elle est à 35 mn à pied et à 10 mn à vélo. Il ajouté : « le site est aisément accessible à pied« . Mais se déplacer à pied ou à vélo dans une rue étroite est dangereux, surtout pour des parcours aussi longs. L’élargissement des trottoirs ne suffira pas à sécuriser les piétons, et la voie cyclable créée sera difficile à respecter pour les automobilistes et les bus empruntant la rue de Migneaux. D’autant plus que la circulation automobile va mécaniquement s’accroitre fortement dans ce secteur, du fait de l’arrivée de populations nouvelles à La Coudraie et sur le site Maurice Clerc.

Le projet veut privilégier les déplacements en mode doux, par exemple en rendant obligatoire la construction de stationnements pour les véhicules deux roues non motorisés et en les incitant au sein du site. Il s’agit là de mesures à portée très faible au regard des enjeux.

♦ Le rapport vante la proximité du site avec le centre commercial de Chambourcy, à laquelle s’ajoute l’offre commerciale de la zone des Quarante Sous d’Orgeval. La distance est telle qu’aucun résident du site, ou de la Coudraie ne s’y rendra à pied, mais en voiture. Les personnes âgées seront les premières à pâtir de cette situation géographique.

Vivons notre Ville regrette que la problématique des déplacements ne soit pas mieux prise en compte dans le secteur du site et dans une approche plus globale à l’échelle de la ville, et que les modes de déplacements doux ne soient pas mieux intégrés dans le projet.

4 Les contraintes et les nuisances liées au site Maurice Clerc

♦ Aujourd’hui on note peu de nuisances sonores sur le site, mais demain l’afflux de nouvelles populations entraînera ipso facto des flux de circulation nettement plus importants, générant du bruit pour les riverains. Ces nuisances seront d’autant plus importantes que l’urbanisation du site est dense.

De plus, le rapport évoque la construction du « barreau de l’A104 » qui serait une source de nuisances sonores au nord du site.

♦ Sur le plan environnemental, la construction des logements va provoquer une augmentation de la production de déchets et d’effluents à traiter, non seulement durant la phase des travaux mais aussi bien évidemment une fois les logements occupés.

Or, une zone humide existe au nord du site, avec une flore et une faune intéressantes, notamment le triton palmé dont l’habitat se situe dans un rayon de 50 à 100 m autour de la mare. Cette zone doit être préservée et valorisée.

Si le problème semble bien identifié, les préconisations environnementales sont déclinées dans un mode « incertain », en n’étant pas affirmées comme devant être réalisées, mais seulement comme possiblement réalisables.

♦ Le ru de Poncy traverse tout le site. il est aujourd’hui busé et enterré. Une réouverture de ce ru, atout certain pour la valorisation du site, est avancée, mais elle est sous réserve de possibilité technique et seulement par tronçons.

♦ Des risques de pollution du ru et d’atteinte à la nappe phréatique sont évoqués, pendant les travaux de construction et ensuite du fait des habitations.

Vivons notre exprime de vives inquiétudes sur les aspects environnementaux liés au projet et sur leur prise en compte par les opérateurs.