«

»

Poissy, la casse de la culture.

La diminution constante depuis deux ans des moyens financiers et humains dédiés à la culture est consternante. La nécessité de réaliser des économies n’explique pas tout.

L’équipe municipale ignore, voire méprise délibérément, les valeurs fondamentales d’enrichissement personnel, de partage et de lien social que porte la culture. Il s’agit d’une erreur grossière qui ne se réduit pas seulement à une restriction des divertissements, mais affecte profondément le bien-vivre ensemble.

Une culture très … ciblée au théâtre

TheatreUne série de mauvaises surprises attendait les spectateurs venus nombreux à la présentation de la prochaine saison.

Une nouvelle augmentation des tarifs de près de 20 % ! La hausse était déjà significative l’an dernier alors que, sous le précédent mandat, le conseil d’administration du théâtre avait procédé à plusieurs baisses pour permettre à un public plus large de fréquenter le théâtre.

Il faut désormais acheter six spectacles d’un coup pour bénéficier des tarifs réduits ! Du jamais vu ! Un couple doit désormais débourser environ 400 € ! Précédemment ces tarifs s’appliquaient à partir de l’achat de quatre spectacles. Jusqu’en 2014, quatre représentations revenaient à 200 € pour un couple, un budget déjà lourd à supporter financièrement pour certaines familles.

Plusieurs grands établissements parisiens (théâtre de Chaillot, théâtre de la Ville et bien d’autres) accordent des tarifs réduits dès l’achat de quatre spectacles

Le théâtre Alexandre Dumas de Saint-Germain-en-Laye, les tarifs réduits sont accordés sur abonnement sans condition d’achat de spectacles !

De plus, le tarif le plus élevé pour un abonné est de 26 € à Chaillot, de 31 € au théâtre de la Ville contre 35 € à Poissy …

Tandis que depuis des années, les aînés bénéficiaient des tarifs réduits dès 60 ans, il faut dorénavant avoir 65 ans pour bénéficier de cet avantage.

La belle opération « enfants spectateurs », sensibilisation à l’opéra des élèves du primaire, est abandonnée. Elle connaissait pourtant un franc succès auprès des enseignants du primaire et enthousiasmait nos petits écoliers : 27 classes y ont participé cette année.

Dès le début de son mandat, Karl Olive avait décidé de mettre en vente libre les loges du balcon, permettant ainsi aux spectateurs de profiter de ces places jusque-là réservées aux élus et invités. C’était une bonne mesure, « démocratisant » un peu le théâtre, qui hélas n’aura pas duré longtemps. Une soixantaine de ces fauteuils sont à nouveau gelés. Pour qui ?

Malgré une programmation diversifiée, l’effort conduit depuis 2008 pour que davantage de familles aux revenus modestes puissent accéder au théâtre est réduit à néant par de telles mesures. Ce haut lieu de la culture pisciacaise va redevenir celui de la seule élite argentée …

 

La lecture publique en grand danger

MediathequeLes mauvaises nouvelles n’épargnent pas les médiathèques de Poissy.

Depuis le début de la nouvelle gouvernance municipale, les animations ont disparu. Exit les petits concerts (« Autour de midi »), les conférences littéraires, les films, les débats ouverts, les prestations des associations sur des thématiques en lien avec l’actualité. Pourtant, cela invitait au partage et à la réflexion, encourageait la diversification des publics, permettait de découvrir des cultures différentes, contribuait au bien vivre ensemble. Il ne s’agissait donc pas de moments superflus, mais bien d’activités répondant aux missions de la lecture publique. Car une médiathèque doit être un lieu de rencontres aux multiples aspects. Tristesse des habitués.

Les médiathèques Christine de Pizan et André Malraux subissent de plein fouet les réductions de crédits, au-delà du raisonnable. Les « acquisitions » (livres, BD, CD, DVD) ont été réduites de 70 % ! Vous lisez bien, 70 % ! De même, la ligne abonnements (journaux, revues) est en forte baisse. Comment dans ces conditions renouveler le fonds ? Comment continuer à être attractif si les dernières nouveautés ne sont pas à la disposition des usagers ? De nombreux lecteurs viennent quotidiennement s’informer grâce aux médias. Ils sont encore plus nombreux à emprunter pour eux-mêmes ou leurs enfants. Il est à craindre une perte importante de fréquentation et une diminution des abonnés.

Ajoutons qu’en plus, deux postes n’ont pas été renouvelés, celui d’un bibliothécaire jeunesse et celui de responsable de l’action culturelle. Il en est de même pour deux contrats aidés …

Depuis 2014, la médiathèque Christine de Pizan n’est ouverte que deux jours par semaine en juillet et août. André Malraux est carrément fermée au mois d’août. Toujours le même motif invoqué : faire des économies. Il s’agit pourtant du seul lieu culturel accessible durant l’été. Les Pisciacais, déjà privés des concerts au théâtre de verdure, ne peuvent même plus disposer de la médiathèque pour se distraire ou s’instruire pendant leurs vacances.

Quant aux jeunes, le dispositif mis en place par la ville pour l’été 2016 s’intitule « Jeunesse sports vacances ». L’association des mots « jeunes » et « culture » doit être une incongruité à la mairie. Il faut toute la motivation et le professionnalisme de l’équipe médiathèque pour offrir, en dépit des restrictions imposées, un minimum d’activités aux jeunes, notamment le dispositif national du ministère de la culture, « Partir en livre ».

Rappelons que la lecture publique a pour obligation d’assurer l’égalité d’accès à la lecture et aux sources documentaires, valoriser la tradition orale (par le conte notamment) et rendre les collections accessibles par tous moyens appropriés. Elle permet en outre de tisser des relations entre les habitants.

Une médiathèque enrichit la vie culturelle de la cité par ses animations. Elle développe l’esprit critique, se fait l’écho des manifestations nationales (semaine de la poésie, de développement durable, etc.). Ses missions sont aussi éducatives, sociales, économiques. Elle est un lieu convivial de proximité qui rayonne sur le territoire.

Alors, préservons un outil si précieux, et redonnons-lui les moyens de jouer pleinement son rôle !

Ce qui se passe au théâtre et dans les médiathèques vient s’ajouter à l’abandon des concerts d’été au théâtre de verdure, la suppression du salon d’art contemporain, la fin du recueil de mémoire vive auprès des anciens des quartiers, le peu d’enthousiasme mis par la ville pour soutenir la candidature de Le Corbusier au patrimoine mondial de l’UNESCO.

À Poissy, la culture est, hélas, la grande délaissée de la politique municipale …

Vivons notre Ville – Juin 2016