Une alternative pour changer le monde

L’Economie sociale et solidaire (ESS) est une économie au service d’un autre développement. Elle est considérée comme une des voies possible de sortie des crises et comme un modèle d’avenir pour l’emploi et l’environnement.

 

 Nous célébrons en 2011 le 30e anniversaire de l’entrée en droit français (1981) d’un « tiers secteur d’utilité écologique et sociale » à part entière, aux côtés d’un secteur public incarné par l’Etat et d’un secteur privé représenté par les entreprises à but lucratif. Ce tiers secteur qu’est l’ESS regroupe quatre grandes familles : les associations 1901, les coopératives, les mutuelles et les fondations.

L’ESS est un concept d’organisation d’entreprises, fondé sur des statuts appropriés et respectant des principes et des valeurs de liberté, d’égalité et de solidarité. Les entreprises de l’ESS répondent de façon innovante aux besoins des populations et des territoires, qu’ils soient satisfaits ou non par le marché et les services publics. Elles produisent des biens et des services dans de nombreux champs d’activités. Lorsqu’elles réalisent des excédents ou des bénéfices, ceux-ci sont obligatoirement réinvestis dans le projet de l’entreprise ou répartis entre les salariés dans le cas des coopératives. Au sein des entreprises de l’ESS, le pouvoir est réparti selon le principe « une personne = une voix ».

 

Economie sociale et solidaire en France et en île-de-France

En France, l’ESS représente près de 10% des salariés, soit 2 144 000 salariés, 9% des entreprises, soit plus de 203 000 établissements et plus de 520 000 postes de travail (dont 18% soit 93 000 postes de cadres) à pourvoir dans les dix prochaines années.

Selon une étude de l’Insee (2004-2007), l’ESS emploie dans la région Francilienne 374 000 salariés fin 2007. L’île-de-France est ainsi la première région en nombre d’emplois. Cependant, la part de l’ESS reste faible (7% du total des emplois). Plus de la moitié des salariés franciliens de l’ESS travaillent dans le secteur de l’éducation (16% de 374 000), de la santé (11%), et de l’action sociale (29%).
Les associations sont le principal employeur de l’ESS, avec 295 000 salariés. Les emplois à temps partiel sont fréquents, en particulier dans le sport, la culture et les loisirs. Intervenant majoritairement dans des projets d’utilité collective, les associations se voient confier fréquemment des missions de service public.

La région s’est dotée en 2006, d’un centre de ressources de l’ESS : « l’Atelier ». Depuis mars 2010, le programme régional d’actions en faveur de l’ESS est intégré à la vice-présidence en charge du développement économique, lui accordant ainsi une place de choix dans l’économie Francilienne. Un secteur en pleine mutation grâce aux partenariats, à la diversification, à l’innovation et au développement de l’entrepreneuriat social.

La crise écologique engendrée par l’hyper-productivisme a entrainé les entreprises de l’ESS – dès 2001 – à intégrer dans leur façon d’agir, les notions du développement durable et la relocalisation de certaines activités liées à une population et un territoire (l’agriculture par exemple).

Ainsi, les entreprises de l’ESS se développent et innovent dans des champs d’activités aussi divers que le bâtiment, les énergies renouvelables, la gestion des déchets, la communication, les transports, le commerce équitable, l’imprimerie, le tourisme social, l’agriculture, la culture, les services de proximité ainsi que l’accompagnement à la création d’activité.

 Un entrepreneuriat social professionnalisé

Les principes propres à l’ESS séduisent car ils répondent à des nouveaux besoins.

L’Essec, HEC, l’Insead ont créé des chaires d’entrepreneuriat social. De plus en plus de jeunes diplômés et de cadres sont attirés par la création d’entreprise à vocation solidaire. Des labels comme Finansol, des nouvelles formes de coopératives (SCOP, SCIC), des réseaux tels « Ashoka » ou « Avise » sont spécialisés dans le soutien de projets sociaux innovants. Ce sont autant d’indices qui démontrent que l’entrepreneuriat social est en pleine mutation. Avec les normes RSE/ISR, le secteur ESS témoigne de sa volonté d’entrer dans la nouvelle civilisation du xxie siècle. •

 Salah Anouar

ESSEC : École Supérieure des Sciences Economiques et Commerciales

HEC : École des Hautes Etudes Commerciales

INSEAD INStitut Européen d’ADministration des affaires

SCOP : Société Coopérative de Production

SCIC : Société Coopérative d’Intérêt Collectif

RSE : Responsabilité Sociétale des Entreprises

ISR : Investissement Socialement Responsable