Poissy rouvre ses vannes à la Lyonnaise

eau1Comme nous le craignions, la ville de Poissy a de nouveau confié la délégation de la distribution de l’eau à Suez Lyonnaise des Eaux. C’était prévisible car les trois grandes entreprises de gestion de l’eau (Lyonnaise, Véolia et Saur) se partagent le marché, la concurrence n’existe donc pas vraiment dans ce domaine. On peut regretter que la SEFO, une société locale, indépendante qui possède ses propres forages, ait été écartée. En effet, cette petite entreprise étant déjà gestionnaire de l’eau de nos voisins d’Achères, Conflans et Andrésy, Poissy a sans doute manqué l’occasion de bâtir un outil intercommunal de distribution de l’eau et de se diriger à terme vers une gestion directe par l’intercommunalité.

Le prix baisse mais …

On constate que ce nouveau contrat a permis une baisse du tarif de l’eau. Le prix global du m3 pour une facture de 120 m3 passe de 3.88 à 3.56 € soit une réduction de 8% de la facture globale. Nos quittances retrouvent leur niveau de 2011. Cette diminution appréciable est toute fois inférieure à celle négociée par Saint-Germain-en-Laye dont l’eau était déjà moins chère que celle de Poissy.  La baisse consentie par la Lyonnaise confirme le caractère très favorable du précédent contrat comme l’avait souligné l’audit de 2012.

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La sobriété n’est pas favorisée

Nous déplorons toutefois que le nouveau contrat n’ait pas supprimé la part fixe de la facture d’eau qui pénalise les petits consommateurs et que l’occasion n’ait pas été saisie de mettre en place une tarification progressive pour inciter à l’économie. Un usager qui ne consomme que 20 m3 d’eau par an paye le mètre cube 1 € de plus qu’une personne qui en consomme 120.

L’évolution du coût n’est pas maîtrisée

Il est regrettable que la formule de révision du prix ne soit pas limitée annuellement à l’augmentation du coût de la vie. Cette formule construite à partir d’indices complexes ne reflète pas la réelle augmentation du prix du service. L’indice salarial pèse pour 36% dans ce calcul et donne un caractère inflationniste à la formule car les salaires augmentent en général plus vite que les autres indices. Grâce aux gains de productivité, ces charges ont tendance à baisser et à augmenter les bénéfices de la Lyonnaise.

L’entretien est sous-estimé

Les obligations du délégataire en matière de renouvellement du réseau sont tout à fait insuffisantes. Le contrat ne prévoit le remplacement que de 5,9 km de conduite en 10 ans. À ce rythme, il faudra près de 200 ans pour renouveler les 108 km du réseau pisciacais alors que la vie d’une canalisation est de 50 à 70 ans. Avec un réseau construit à 60 % avant 1970, la question du renouvellement va devenir cruciale dans un proche avenir.

Les pénalités sont insuffisantes

Les objectifs en matière de performance du réseau dans le but de diminuer les fuites de canalisation sont ambitieux. Mais les pénalités ne sont pas assez contraignantes pour obliger le délégataire à diminuer de 50% les fuites du réseau en faisant passer l’indice linéaire de fuite de 10 à 5 m3/km/jour.

Pour une régie publique

Nous sommes toujours persuadés que la régie publique, c’est-à-dire la prise en charge directe par les collectivités de la gestion de l’eau, est le seul système qui assure la transparence de la gestion de l’eau et la participation effective des citoyens. L’eau n’est pas une marchandise et sa distribution ne doit pas être source de profits.

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