Vote du budget communal

Retrouvez l’intervention de Jean-Paul Hédrich sur le budget communal lors du conseil municipal du 27 mars 2013.

 

CONSEIL MUNICIPAL DU 27 MARS 2013

Merci monsieur le maire.
Je m’exprime au nom des élus de Vivre Sa Ville.
Nous sommes réunis ce soir pour délibérer principalement sur le budget communal, ce qui constitue un temps fort de la gestion municipale car il reflète et conditionne notre politique et nos actions.
Or ce budget nous pose question en particulier sur la façon dont il a été élaboré.
Nous n’avons pu que constater, avec regret et tristesse, une dérive de notre fonctionnement interne. Les objectifs de notre politique ne sont plus débattus. Les grandes masses du budget n’ont pas été discutées ensemble. Les orientations du budget nous ont été dévoilées qu’au cours du dernier Conseil Municipal. Les modes de prise de décision sont devenus obscures.
Nous sommes passés d’un « mode projet », prometteur et stimulant, en 2011 à un centralisme rigide qui a marginalisé les élus que nous sommes. La plupart des grands projets d’investissements inscrits au budget ou aux autorisations de programme n’ont pas été discutés entre nous. Ils n’ont pas même fait l’objet d’une présentation en bureau municipal. Nous avons découvert les esquisses de certains dans un des bulletins municipaux.

« Même les meilleures intentions et idées ne valent que si elles sont partagées, c’est-à-dire proposées et débattues, étudiées et amendées, décidées et mises en œuvre… ensemble ! » C’est la règle de conduite inscrite dans une lettre du maire. Hélas ce grand principe que nous partageons, bien entendu, n’a pas été respecté pour la majorité des projets d’investissement. C’est regrettable parce qu’aussi beaux soient les projets, aussi nécessaires et pertinents soient-ils, ils nécessitent, en effet, d’être discutés de façon transversale. Nous allons construire ces équipements pour 50 ans voire plus et nous n’avons pas le droit de nous tromper en termes d’usage, de mutualisation et d’économie des espaces, d’impact environnemental, de performance énergétique, de déplacement, de pratiques sociales, culturelles et récréatives. Il est nécessaire pour cela de les inscrire dans une vision globale et à long terme du développement de Poissy. 

Nous avions convenu d’adopter une démarche prospective pour notre ville en visant 2030 afin d’anticiper les enjeux sociaux, énergétiques et climatiques aux quels la Ville va être confrontés, ce qui aurait sans doute orienté ce budget différemment. Les bonnes résolutions ont été oubliées, la démarche du développement durable et de l’agenda 21 n’est plus perceptible, les engagements du Plan d’action pour une énergie durable sont remis à plus tard.

Nous nous étions fixés une « exigence de solidarité au sein de l’équipe » qui avait une contrepartie incontournable. En effet : « Chaque projet, chaque décision devait s’enrichir de débats ouverts et attentifs ». Ce sont les termes même d’une lettre aux élus de septembre 2011 qui devait mettre en place une « amélioration continue de notre fonctionnement ».
Il est bien dommage que ces « débats préparatoires » qui devaient dépasser les « a priori, les postures partisanes ou les conflits d’égo » n’ont pu se concrétiser. Je vous l’accorde, la démocratie participative, en particulier en interne, n’est pas simple à organiser et à mettre en œuvre.  Cela prend du temps, nécessite une écoute réciproque, mais ça vaut le coup et à notre sens c’est une réelle « valeur ajoutée apportée à la réalisation du projet collectif » et puis ce qui n’est pas négligeable : c’est tout à fait bénéfique pour la cohésion du groupe.

Il nous a été demandé également un devoir d’enthousiasme mais en la matière on ne peut pas se forcer indéfiniment.  Cet enthousiasme, il faut l’alimenter et l’entretenir par des pratiques transparentes et décloisonnées, en se tenant aux décisions prises ensemble, en construisant une vision et des perspectives partagées pour la Ville. Nous constatons que c’est loin d’être le cas.

Vous comprendrez que, pour toutes ces raisons, il nous est difficile de donner un avis sur ce budget que nous ne parvenons pas à nous approprier. Par conséquent, nous nous abstiendrons sur le vote du budget primitif 2013 c’est-à-dire sur les délibérations 16 à 19 et 50 à 53.

Je vous remercie de votre écoute et de votre compréhension.

Jean-Paul Hédrich

NB. Les passages entre guillemets correspondent à des citations de document provenant du cabinet du maire.